Le blues du chômeur

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Si le businessman a le blues, je peux vous assurer que le chômeur est loin d’être épargné. Je ne sais pas si c’est la même chose pour tous les chômeurs mais mes périodes de déprime, mes coups de mou ou mes moments de cafard (appelez-les comme vous le voulez, le sentiment reste le même) sont cycliques.

Au début je parvenais à rester optimiste pendant des périodes assez longues (un à deux mois) et ce malgré les réponses négatives. Je me disais : « adopte un état d’esprit de gagnante c’est comme ça qu’on peut saisir des opportunités ! »

Mais plus le temps avance, plus les cycles se raccourcissent. Les quatre derniers jours ont été difficiles pour moi. Je n’avais aucune envie d’écrire, de me lever ou de faire quoi que ce soit…

Ce que peuvent penser les gens : Pauvre petit bout ! Elle ne fiche rien de sa journée et elle justifie ses grasses matinées et sa fainéantise en disant qu’elle broie du noir… Il faudrait la plaindre et la comprendre en plus ? Les actifs ne dépriment pas peut-être ? C’est eux, qui financent les indemnités de tireur-au-flanc (comme moi), ils n’ont tout simplement pas autant de temps pour s’épancher sur leur sort (pas comme ces foutus chômeurs).

Je sais que travailler n’est pas toujours une partie de plaisir et tous les actifs ont évidement tous les droits de se plaindre. Ce qui est insupportable dans le chômage est de se retrouver coincée, bloquée, figée dans l’inaction.

Bien sûr, je trouve des subterfuges pour occuper mon temps : lire, faire des gâteaux, du saut à l’élastique, de la plongée sous-marine… (Les deux dernières activités ne sont pas vraies, mais vous voyez ce que je veux dire, c’est le genre de réponse à donner à une personne qui vous demande : mais qu’est-ce que tu fais de tes journées ?), mais je n’exerce pas l’activité que je suis capable d’occuper aujourd’hui.

Et puis, vous savez, cela se saurait si le chômage payait vraiment… Sans un salaire décent, je suis coincée. Je ne peux pas me projeter à long-terme, et envisager des évolutions dans ma vie comme le fait de m’installer par exemple ou acheter des produits plus chers que de simples fringues.

Pour être totalement franche, je suis frustrée, complètement frustrée de ne pas pouvoir maîtriser tous les paramètres : mon changement de situation ne dépend pas de moi en dernière instance. Il faut qu’un recruteur, parmi la centaine de candidatures envoyées pour un poste (encore je suis gentille) et après avoir fait passer une bonne vingtaine d’entretiens, se dise : oui, c’est elle que je prends !

Alors même s’il fait beau, même si les oiseaux commencent à chanter le matin et que je suis nourrie, logée et blanchie, parfois j’ai le blues d’être aussi impuissante. Ce qui m’aide aujourd’hui est de me dire que dans le pire des cas, si je n’ai pas de travail, je vais m’en créer un…

The Chômeuse go on

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