La chasse à la licorne, vous y avez déjà joué ?

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*Avertissement : cet article peut heurter la sensibilité de non-gamers*

La chasse à licorne, vous connaissez ce jeu vidéo ? Moi, je suis accro depuis que j’ai 18 ans. Non, vraiment, vous ne voyez pas ? Aucun souci, j’ai tout mon temps, je vais vous expliquer !

Alors en fait vous avez quatre « maps » à parcourir (ou des mondes, appelez-les comme le voulez…).

En général, on passe un an dans la première map pour obtenir une clé appelée, dans le jargon geeker, « Baccalauréat ». C’est un peu un passage obligé à moins de trouver des codes sur le net bien sûr. A chacun sa stratégie : moi, j’ai choisi le chemin littéraire… Quoi qu’il en soit, elle vous ouvre les portes des deux maps suivantes et vous permet de naviguer tranquillement de l’une à l’autre.

Dans la map « études supérieures », vous passez entre trois à cinq ans en général avant de tenter l’ultime niveau. Bon si vous avez oublié de faire des sauvegardes, il peut arriver de devoir recommencer une année… Ça arrive à beaucoup, l’important est de ne pas se décourager ! Vous vous lancez donc dans une quête et parvenez à engranger des « skills » et des potions de façon à remplir votre inventaire (sorte de CV, voyez-vous !).

Et de temps en temps, vous changez d’univers pour vous rendre dans la map « stage et alternance ». C’est un monde qui se rapproche beaucoup de l’ultime niveau : il vous permet de gagner des points d’exp. et de la même façon de bétonner votre inventaire !

Parfois, les quêtes sont juste exténuantes ! Vous prenez le temps de vous détendre dans des univers parallèles (les loisirs)… Ce qui est bien, c’est qu’il ne s’agit pas forcément d’une perte de temps… Non, car en jouant de la viole de gambe avec le tavernier du coin vous pouvez gagner des « perks ». Il s’agit d’atouts qui sont complémentaires aux skills… (Vous savez le petit plus dans l’inventaire qui fait que vous saurez mieux gérer la quête suivante).

Bon et puis, une fois que vous avez fait le tour de ces maps, arrive le dernier monde : oui, mes amis, c’est celui dans lequel se cache la licorne ! Pour être franche, j’y suis bloquée depuis sept mois et je ne parviens toujours pas à mettre la main dessus. J’ai beau envoyer des éclaireurs (la lettre de motivation) dans cette forêt immense, rien n’y fait… On est beaucoup à coincer à ce niveau, et parfois quand mon éclaireur revient avec une piste sérieuse, 200 autres sont déjà sur le coup. Autant vous dire : la bataille est rude !

De temps en temps, je fais appel à ma guilde (le réseau) qui tente de me donner des tuyaux parce que ceux qui en font partie l’ont déjà trouvée… Mais bon, j’ai toujours fini dans des voies sans issues. Alors du coup, certains abandonnent la quête et prennent une petite biche (c’est sympa une biche !)… D’autres tentent d’en fabriquer avec ce qu’ils ont réussi à réunir dans leur inventaire (l’auto-entreprise) et ma foi, le résultat est parfois mieux qu’une licorne.

C’était la spéciale gamer et j’espère que vous n’avez pas été trop effrayés. Au passage, l’analogie avec le jeu vidéo m’est venue grâce à vos témoignages, merci Adèle. N’hésitez pas à m’écrire… 

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La chasse à la licorne, vous y avez déjà joué ?

Je suis en manque… d’expériences ! 

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Dans mon cas, le manque d’expériences est la raison qui revient de façon systématique. En général, et pour ne rien vous cacher, je remercie le recruteur de son explication et lui dit que « je comprends », alors qu’en fait pas du tout ! Je postule uniquement à des missions dédiées à des débutants et au maximum qui demandent deux ans d’expériences.

Alors dans l’hypothèse où un recruteur tomberait sur cet article, voila ce que je souhaiterais vraiment lui dire :

Pas d’expériences ? Ah oui, c’est vrai que lors de mon stage en rédaction web, je n’ai fait que de servir des cafés. Non, je n’ai pas écrit une ligne sur le site, je n’ai pas du tout fait d’interviews, je n’ai jamais fait de veille sur le net, ni de revue de presse… Et c’est pour ça que comme beaucoup d’étudiants, j’ai été rémunérée 417 euros (plus les tickets restaurant) pour un 35 heures. Bah n’exagérons rien, pour apporter des cafés, c’est déjà cher payé, n’est-ce pas ?

Et puis, parlons du Service civique (qui aujourd’hui sert parfois à prendre des jeunes à faible coût pour de « vrais » postes demandant de l’expériences)… 10 mois dans une fédération d’associations, 24 heures par semaine et environ 500 euros d’indemnisation pour être web reporter. De la même façon, je n’ai absolument pas monter le site de la structure avec l’aide d’un développeur. Je ne suis pas du tout partie à la rencontre des affiliés, je n’ai pas créé des supports de communication multimédias. Non, j’ai juste passé la moitié de mon temps à parler à mon amie (également en Service civique) et l’autre moitié à brasser de l’air. (Vous savez que depuis, mes bras ressemblent à ceux de Laure Manadou)

Et pour finir, je tenais à évoquer mon alternance d’un an en fondation d’entreprise. (Je tiens juste à préciser que pour certains recruteurs, l’alternance n’est pas comptabilisée comme une expérience). Mon poste ? Chargée de mission (de glandouille, évidemment). Je n’ai eu aucune demande de subvention à traiter, aucun article à rédiger, aucun support de communication à créer. Et puis, pendant le grand événement sportif interne organisé par mon équipe pendant mon alternance, j’ai juste pris un Mojito et je suis tranquillement allée m’asseoir dans un transat, toute la journée…

Franchement, chers recruteurs, évidemment que je n’ai pas beaucoup d’expériences, je sors d’études ! Par contre, grande nouvelle (et je pense qu’il vaudrait mieux que vous soyez assis pour le savoir) je suis capable d’apprendre de nouvelles choses ! Surprenant n’est-ce pas ? Et puis, ça vous dirait de briser un cercle vicieux de temps en temps ? Oui, parce si personne ne me donne ma chance, je continuerai à être en manque d’expériences… ‘Fin, j’sais pas, peut-être…(Cf. Nos jours heureux !)

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Je suis en manque… d’expériences ! 

Les perles de Pôle emploi 

Pole-emploi-vos-pires-anecdotes Même si j’ai eu mes propres expériences chez Pôle emploi, j’ai eu envie d’avoir des échos d’amis chômeurs. Et après un petit appel à témoignages, j’ai récolté des perles qui me poussent à croire aujourd’hui que Pôle emploi devrait se reconvertir en bijouterie…

– Le conseiller qui sait approximativement faire son travail : j’ai eu un entretien à plus d’une centaine de kilomètres de chez moi. On m’a expliqué au premier rendez-vous PE, que je pouvais bénéficier d’une aide à la mobilité. Parfait ! Je patiente environ 30 minutes dans l’agence (alors en fait pas du tout, c’était plutôt 2h30… J’ai même eu le temps d’aider un monsieur à remplir son dossier d’inscription). Je suis reçue, par un conseiller, très sympa mais en plein tourment parce qu’en octobre dernier, leur logiciel faisait peau neuve (ou quelque chose du genre, je ne me souviens plus exactement). Il y avait des bugs et les salariés de PE ne pouvaient pas accéder à leur outil de travail. On commence malgré tout à faire les démarches et on attend que ma demande soit prise en compte… On attend… On attend encore un petit peu et puis je finis par lui demander (comme ça, par hasard) si on ne peut pas la faire de façon rétroactive ? « Ah mais c’est pas bête du tout ! ».  Alors juste entre nous, on peut faire une demande d’aide à la mobilité dans les sept jours qui suivent l’entretien… (Je dis ça juste au cas où vous tombiez sur le même type de conseiller réactif et renseigné)

– La conseillère, championne de la logique : au premier rendez-vous PE, on vous demande dans quel endroit vous voudriez effectuer votre recherche, n’est-ce pas ? « Dans toute la France » a répondu une internaute. (Atttention, suivez-bien, c’est compliqué cette histoire…). La conseillère poursuit en lui demandant la distance qu’elle souhaiterait au maximum parcourir entre son domicile et son lieu de travail : « 45 minutes ». Ça va je n’ai perdu personne ? Non, parce que la conseillère elle, était un peu confuse : « Mais comment est-ce que vous allez faire ? Entre Vannes (le lieu de résidence actuel de l’internaute) et Nantes, ça fait une heure en voiture »… Oui effectivement, après il y a ce qu’on appelle le déménagement. (Mais je dis ça, je ne dis rien).

– Pôle emploi, une machine de guerre de l’organisation : une internaute se fait radier pour ne pas s’être présentée à un entretien. Elle aurait du faire attention me direz-vous et être plus sérieuse, non ? Oui, enfin même si c’était elle qui avait fait la demande pour discuter d’un projet de formation et que pour le coup elle y était bien allée ?

– Pôle emploi, le bijoutier (oui, je préfère vous avertir, cette histoire est une pépite). Fuyant les CDI par choix, notre amie travaille en cumulant différents types de contrats (CDD, cachets, chèques emploi service…). Seulement il arrive que des mois soient plus maigres que d’autres. Inscrite chez PE, elle s’actualise en déclarant les heures travaillées d’un petit mois et reçoit 750 euros d’indemnisation. Jusqu’ici tout va bien, mais pas au goût de PE qui lui demande de rembourser la somme versée. En plein travail et donc dans l’impossibilité de venir faire un tour dans notre agence préférée, notre internaute envoie donc des lettres recommandées pour savoir ce qu’il en est. Bien sûr, pas réponse. Résultat ? Elle reçoit une lettre des huissiers lui réclamant le montant de l’indemnisation. Un tantinet furax, notre amie appelle l’agence et voici ce qu’on lui répond : « Ah mais en fait, le nombre d’heures travaillé qui a été enregistré n’est pas le bon, vous avez droit à 560 euros ».

Le pire dans l’histoire, c’est que ce n’est pas la première fois qu’elle doit rembourser PE mais la cinquième fois. On peut faire des boulettes dans la vie, mais faire cinq fois la même, c’est comment dire… « pousser le bouchon, un peu trop loin » ? Et puis allez cerise sur le gâteau, notre amie a déclaré et payé aux impôts des sommes plus importantes. Il lui faudrait des justificatifs pour ajuster ce qu’elle verse à l’Etat. Mais bon, même dans l’erreur, PE n’a pas peur et ne fait rien…

Merci PE !

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Les perles de Pôle emploi 

Le blues du chômeur

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Si le businessman a le blues, je peux vous assurer que le chômeur est loin d’être épargné. Je ne sais pas si c’est la même chose pour tous les chômeurs mais mes périodes de déprime, mes coups de mou ou mes moments de cafard (appelez-les comme vous le voulez, le sentiment reste le même) sont cycliques.

Au début je parvenais à rester optimiste pendant des périodes assez longues (un à deux mois) et ce malgré les réponses négatives. Je me disais : « adopte un état d’esprit de gagnante c’est comme ça qu’on peut saisir des opportunités ! »

Mais plus le temps avance, plus les cycles se raccourcissent. Les quatre derniers jours ont été difficiles pour moi. Je n’avais aucune envie d’écrire, de me lever ou de faire quoi que ce soit…

Ce que peuvent penser les gens : Pauvre petit bout ! Elle ne fiche rien de sa journée et elle justifie ses grasses matinées et sa fainéantise en disant qu’elle broie du noir… Il faudrait la plaindre et la comprendre en plus ? Les actifs ne dépriment pas peut-être ? C’est eux, qui financent les indemnités de tireur-au-flanc (comme moi), ils n’ont tout simplement pas autant de temps pour s’épancher sur leur sort (pas comme ces foutus chômeurs).

Je sais que travailler n’est pas toujours une partie de plaisir et tous les actifs ont évidement tous les droits de se plaindre. Ce qui est insupportable dans le chômage est de se retrouver coincée, bloquée, figée dans l’inaction.

Bien sûr, je trouve des subterfuges pour occuper mon temps : lire, faire des gâteaux, du saut à l’élastique, de la plongée sous-marine… (Les deux dernières activités ne sont pas vraies, mais vous voyez ce que je veux dire, c’est le genre de réponse à donner à une personne qui vous demande : mais qu’est-ce que tu fais de tes journées ?), mais je n’exerce pas l’activité que je suis capable d’occuper aujourd’hui.

Et puis, vous savez, cela se saurait si le chômage payait vraiment… Sans un salaire décent, je suis coincée. Je ne peux pas me projeter à long-terme, et envisager des évolutions dans ma vie comme le fait de m’installer par exemple ou acheter des produits plus chers que de simples fringues.

Pour être totalement franche, je suis frustrée, complètement frustrée de ne pas pouvoir maîtriser tous les paramètres : mon changement de situation ne dépend pas de moi en dernière instance. Il faut qu’un recruteur, parmi la centaine de candidatures envoyées pour un poste (encore je suis gentille) et après avoir fait passer une bonne vingtaine d’entretiens, se dise : oui, c’est elle que je prends !

Alors même s’il fait beau, même si les oiseaux commencent à chanter le matin et que je suis nourrie, logée et blanchie, parfois j’ai le blues d’être aussi impuissante. Ce qui m’aide aujourd’hui est de me dire que dans le pire des cas, si je n’ai pas de travail, je vais m’en créer un…

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Le blues du chômeur

Le chômage, un art de vivre !

artdevivreLe chômage, c’est un art de vivre ! Pour ma part, il se résume à peu près ainsi : 

– J’ai pris un abonnement chez Netflix

– Je me suis mis en favoris plusieurs sites de streaming (oui, ils n’ont pas encore tout sur Netflix)

– Je connais mieux que quiconque les émissions de télévision, surtout celles qui passent au beau milieu de l’après-midi : Comment ça va bien ? ou C’est toute une histoire…

– Il m’arrive parfois de ne plus savoir quel jour on est (mais c’est un peu le lot de beaucoup de vacanciers, vous me direz)

– J’ai des horaires complètement décalés : réveillée à 10h, couchée à 3h (ce n’est pas ma faute, c’est celle de Netflix)

– Je pense après chaque réponse négative à plein d’idées toutes plus farfelues les unes que les autres (écrire des livres pour enfants, monter un site de rencontres après avoir suivi des leçons de codes sur OpenClassrooms, me faire l’argent avec une chaîne YouTube…)

– J’ai commencé à cuisiner et à faire des pizzas maison, des quiches, des tartes, des gâteaux… et même une brioche que mes proches ont finalement appelée « la choke brioche » : j’avais mis un brin trop de farine… La brioche avait eu tendance à étouffer

– J’ai eu ma période « bracelets élastique »

– Je passe du temps avec mes amis (eux aussi sont au chômage, mais ce sont les seules personnes qui sont libres… tous les jours de la semaine… et du week-end)

– Je rafraîchis au moins 50 000 fois ma boite mails par jour, pour voir si j’ai des retours de recruteurs… En même temps, je sais qu’un mail est plus un mauvais signe qu’un bon…

Pour être tout à fait juste, tout n’est pas mauvais dans le chômage. J’en profite pour augmenter mes compétences et tenter de nouvelles choses : 

– Je me suis mis à coder sur OpenClassrooms (allez-y, ça vaut vraiment le coup. C’est très bien expliqué et ça fait passer le temps)

– Je me suis inscrite sur des sites de concours de design (Brandsupply, 99designs et il en existe plein d’autres…) pour m’entraîner à utiliser les logiciels de PAO et peut-être me faire un peu d’argent si je suis sélectionnée

– J’ai le temps d’écouter des conférences TedX (elles sont de qualité et traitent de thématiques différentes, n’hésitez pas à en écouter)

– J’ai le temps de lire et surtout d’écrire…

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Le chômage, un art de vivre !

Mon sixième mois… Enceinte ? Non, juste au chômage

A photo taken on September 30, 2014 in Villeneuve-d'Ascq shows the logo of a French Pole Emploi employment agency during a symposium on employment.  AFP PHOTO PHILIPPE HUGUENAprès six mois, six longs mois de chômage, j’ai enfin pris la décision d’écrire ma passionnante vie de chômeuse !

Et pourquoi me direz-vous ? Je dis : pourquoi pas ! Je rédige une grande partie de la semaine des lettres de motivation, je peux bien écrire un peu plus, et franchement, je trouve ça beaucoup plus sympa… Je vais tenter de le faire de façon humoristique : broyer du noir, c’est pas vraiment mon truc et vous plomber le moral si vous tombez sur le blog, ce n’est pas non plus mon objectif.

A quoi ça sert de faire ça ? Je devrais plutôt me concentrer sur ma recherche, hein ? Oui, « c’est pas faux » comme dirait Karadoc. Je dirais que c’est une sorte de catharsis. Je vais peut-être un peu épargner mon entourage de ma mauvaise humeur chronique. (Oui, oui, oui, le chômage, c’est pire que la mauvaise période pour les filles, ça vous plonge dans un état d’irritation quasi permanent…).

Et pour personnaliser un peu plus tout ça, je m’appelle Sarah, je vais bientôt avoir 27 ans et je suis revenue vivre chez mes parents à la campagne (Pôle Emploi verse bien des indemnités, mais pour assumer seule un appartement en ville, c’est coton).

J’ai plein de surnoms : tronche de nem, la noich’, manman. En fait, mes traits tirent un peu du côté de l’Asie et en général, j’aime bien jouer à la maman en coachant des plus jeunes que moi…

J’ai un master d’histoire contemporaine après avoir écrit un mémoire sur le développement des surgelés en France (je ne suis pas en train de mentir) et j’ai repris mes études pour faire un peu de communication digitale, histoire d’avoir un master professionnel. Aujourd’hui, je recherche un poste de chargée de communication dans le secteur associatif.

Sans grande surprise, les associations ont peu d’argent à dépenser et prennent en général des contrats aidés pour répondre à leurs besoins. En clair, je n’ai pas passé suffisamment de mois en tant que chômeuse : un ou deux ans seraient les bienvenus dans mon CV pour pouvoir obtenir un poste en asso…

Je reste malgré tout positive, parce que le contraire n’aide absolument pas. Si mon blog peut faire sourire quelques chômeurs (ou des actifs, je ne fais pas de discrimination), tant mieux et surtout gardons le moral !

Chômeusement vôtre

Mon sixième mois… Enceinte ? Non, juste au chômage