La fable du chômeur et des deux maistres

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Oyez, oyez gentes dames et damoiseaux, le troubadour vient d’arriver ! Assoyez-vous donc confortablement à la place du bourg et écoutez :

« C’est l’histoire d’un gentilhomme en quête de labeur…

Pendant neuf long mois Messire Chosmeur n’avait de cesse d’envoyer moult et moult pigeons voyageur implorant quelques maistres de lui octroyer un labeur, mais en vain ! Pour passer le temps, il prenait alors quelques parchemins et gazettes à lire et se promenait chez Dame Nature…

La Bonne fortune finit malgré tout par lui tendre la main et deux maistres lui ont alors demandé de se présenter pour causer ; l’un à Paris et l’autre dans le Béarn.

Empli de joie, Sir Chosmeur se hâta de fermer sa chaumière à double tour et sauta dans sa carriole. Le chemin était long pour rencontrer le premier maistre mais il était prêt à quitter sa contrée et faire des lieues pour gagner une des deux besognes.

La rencontre à Paris avait été fort fructueuse et notre ami Sir Chosmeur avait gagné la confiance du maistre. Mais il lui restait encore à se rendre dans le sud : l’offre était beaucoup plus intéressante car on lui proposait plus d’écus. Il fallait qu’il tente son heur !

Reprenant sa carriole, il se rendit chez le second maistre. La rencontre fut tout aussi bonne, le ciel soit loué, mais il n’obtint point de réponse définitive. Le maistre devait recevoir dans sa demeure d’autres messires pour choisir qui d’entre eux était le meilleur.

Sir Chosmeur se hâta d’envoyer un pigeon voyageur à Paris : il ne pouvait point prendre la charge de la besogne – du moins tout de suite – et souhaitait qu’on lui octroie un peu de temps pour savoir s’il était pris dans le Béarn.

En réponse, notre gentilhomme reçu :

« L’ami, en courant après plusieurs labeurs de la sorte, tu ne nous sembles pas feal (loyal)… ». Le maistre parisien avait alors fait savoir à d’autres que la besogne était de nouveau libre !

Cette histoire laissa songeur Messire Chosmeur. Il s’est promis à l’avenir de toujours conter des balivernes au lieu d’être honnête. »

*C’était la spéciale Moyen-Age. Merci pour le témoignage de l’internaute en question ! Pour être exact, l’employeur avait dit à notre ami qu’il n’était pas « fiable » en courant après plusieurs postes… Ah les recruteurs d’aujourd’hui sont chanceux d’avoir le choix !*

The Chômeuse go on

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