Jusqu’où êtes vous prêts à aller pour obtenir un poste ?

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Vous avez entendu parler de Billy du Nord-Pas de Calais, de son chômage à 20 ans et de sa pancarte plantée à l’entrée de son village avec la mention « Je ne demande pas l’aumône, juste un travail ». Après que son action ait été reprise par les médias, le jeune a reçu une quarantaine de propositions et a obtenu un poste. C’est beau, n’est-ce pas ?

Oui, parce qu’il était dans une urgence financière mais à bien y réfléchir, je trouve ça quand même gênant. (Mais qu’est-ce qu’elle a encore à dire celle-la. Il a trouvé du boulot, tais-toi, voyons !). Soyons honnête, si on ne prêtait pas attention à ce qui était écrit sur la pancarte, on aurait pu penser qu’il faisait la manche, ou de l’auto-stop avec un très long parcours.

A mon avis, il a suscité l’empathie, la sympathie voire la pitié des gens et en l’occurrence de certains recruteurs, après le coup d’éclairage. (Je sens que je vais me faire lapider en écrivant ça mais bon, je vais continuer histoire que vous compreniez pourquoi j’en parle).

Le jeune garçon a certainement fait l’effort d’envoyer des lettres de motivation, des CV et fait travailler son réseau. On est d’accord ? Alors si on continue, cela implique qu’aucun recruteur n’a prêté attention à son profil pour lui donner ne serait-ce qu’une simple chance. Aucun ! Pour résumer, la voie classique de recherche d’emploi n’a mené nulle part (Ah si pardon, à l’entrée de son village…).

On m’a toujours dit que la recherche d’emploi fonctionnait en grande partie sur un système de méritocratie : le CV en est la preuve puisqu’il met en avant toutes les compétences et expériences d’une personne de façon à trouver un poste à sa hauteur. (Bon après je ne vis dans le pays des Bisounours et je sais que la chance et le réseau font que cela ne fonctionne pas uniquement de cette façon).

Quoi qu’il en soit, ce système ne marche plus aujourd’hui : nous sommes trop nombreux à proposer les mêmes compétences dans un secteur d’activité. Du coup, pour pouvoir attirer l’attention de recruteurs, il faut faire pleurer dans les chaumières ou alors jouer la carte de l’originalité pour sortir du lot.

Un exemple pour l’originalité : le CV. J’ai pris le parti et ce, même en étant une communicante d’avoir une présentation sobre. Tout est écrit, avec le plus grand soin et (ô surprise), il suffit juste de lire pour savoir ce que je vaux ! Je n’ai aucune envie de maquiller mon CV avec du rouge, un peu de mascara, du fard à paupière et du blush juste pour qu’il soit plus beau, vous voyez ? Je ne vais pas non plus le mettre sur Ebay, ni l’imprimer sur un T-shirt que je porterai à des forums de recrutement par exemple. Le contenu devrait suffire.

Ce qu’a fait Billy, c’est juste la preuve qu’on arrive au bout d’un système, et que beaucoup de recruteurs en profitent puisqu’ils sont en position de force (mais on en reparlera, j’ai plein d’anecdotes dans ma hotte les enfants. Merci pour tous vos témoignages). Et tenez, j’ai une idée ! Si je faisais une grève de la faim avec pour message : « Je ne demande pas qu’on me nourrisse, je veux juste un travail ! »… Vous pensez que ça marcherait ?

The Chômeuse go on

Jusqu’où êtes vous prêts à aller pour obtenir un poste ?

Une réflexion sur “Jusqu’où êtes vous prêts à aller pour obtenir un poste ?

  1. Marie HEUZE dit :

    Je suis bien d’accord : le procédé, et surtout la réaction des employeurs, est très démago et surf sur la vague du « 15mn de célébrité » par trouffion, exploités par un système qui n’en a déjà plus besoin. Mais en revanche, je ne pense – plus – que la recherche d’emploi marche à la méritocratie. Plus du tout, du tout. Je pense que d’un côté on peut GALERER pendant des mois, puis avoir un coup de pot improbable, un pote de pote, qui a entendu le cousin de son chien parler d’un poste. Et de l’autre, qu’à compétences relativement proches, l’employeur va choisir non pas à l’ENVIE des candidats, mais à leur certitude que le candidat choisi ne leur claquera pas entre les doigts en trois mois, pour un meilleur job, mieux situé, tout ça…. Bref, je pense qu’on ne choisit pas forcément les meilleurs, mais les plus « raisonnables ». Ce qui mène à une uniformisation qui fait grincer les dents. Enfin bref, il faut avoir un sacré coup de chance pour que l’alchimie entre candidat et entreprise marche : en attendant, ce sont toujours 7 à 18 mois d’une vie perdus en conjonctures stériles et espoirs perdus.

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